LES CESARS 2013

Compte-rendu des Films des Césars 2013

Je me suis rendu compte que n’étant pas un très grand fan du cinéma français en général, j’avais quand même vu tous les films nominés pour les césars 2013. Il faut dire que certains films de l’année dernière m’avaient donné un petit espoir : The Artist, La guerre est déclarée, l’Exercice de l’Etat et Polisse étaient les films nominées.
Et BIM !!! Les vieux démons de notre chère cinéma français sont rapidement revenus au galop. En donnant le césar du meilleur film à Amour de Michael Haneke, l’Académie récompense un film (un documentaire?) sur deux personnes en fin de vie. On se demande l’intérêt d’un tel déluge de misérabilisme. On est plus dans un cours de gériatrie que dans un vrai film de cinéma. Surtout la force du film est de réussir à ne faire passer aucune émotion pendant 2h (L’image est froide, laide : césar de la meilleur réalisation normal pour Haneke). L’explication d’un tel succès critique viendrait sans doute de voir deux acteurs mythiques devant la caméra.
amour
Il vaut mieux revoir Million Dollar Baby de Clint Eastwood pour voir traiter le sujet de l’euthanasie. La grande différence avec Amour est que la lente deliquescence du personnage principal n’est pas le thème central du film. Eastwood a l’intelligence (comme toujours) de mêler ce thème de la fin de vie avec d’autres concepts comme le sport, la vieillesse, les relation familiales, la foi et tant d’autres.
million dollar baby
Deuxième cas d’école : le film français qui a une bonne idée mais qui ne l’exploite pas jusqu’au bout. Dans cette deuxième catégorie, on retrouve Camille Redouble de Noemie Lovsky et Dans la Maison de François Ozon. Le premier traite d’une fille projetée dans le passé à l’âge où cette dernière était une star au lycée. Le second suit un professeur qui joue à un jeu dangereux avec un de ces élèves qui lui fait parvenir ses écrits pervers. Camille est trop policé pour susciter vraiment un réél enthousiasme malgré le talent évident des acteurs. On aurait voulu un peu plus de fantaisies et que le film soit moins conventionnel, plus décalé. L’histoire d’amour est par exemple trop longue. Revoyez plutôt Peggy Sue s’est mariée de Francis Ford Coppola qui traite du même sujet en beaucoup mieux. Dans la Maison, lui, a un gros défaut. Au bout de trente minutes, le film devient très répétitif : chaque scène ressemble à la précédente. L’épilogue n’étant pas très tranchant, on en ressort assez neutre alors que le sujet pouvait donner lieu à un film à tiroirs avec un vrai suspense.
camille
Prenons enfin un par un les autres films de la sélection : Holy Motors constitue soi-disant pour les critiques françaises le meilleur film de l’année dernière. Rien de plus embarrassant d’un film de cinéma sans histoires qui parle de cinéma. Certes, la réalisation est belle, les acteurs jouent bien mais quand on a rien à raconter que son amour pour le cinéma, autant faire un documentaire sur sa passion. Scorsese ou Tarantino sont des amoureux du cinéma mais cette amour transparait à travers des scénarios vraiment écrits et pas une succession de scènes sans aucun lien les unes aux autres et malheureusement sans grand intérêt. Un film sur le cinéma à voir et revoir et que j’ai découvert il y a très peu de temps est Jeux Dangereux d’Ernst Lubitsch de 1942. Un film mêlant action et humour et qui parle de cinéma, que demandait de plus ?
holy motors jeux dangereux
De Rouille et d’Os est un cas à part car j’ai plutôt apprécié ce film mais il est un peu trop misérabiliste à mon goût. Je pense que Jacques Audiard est le plus grand réalisateur du cinéma français actuel notamment grâce à De Battre Mon Coeur s’est Arrêté de 2005 (remake de Mélodie pour un Tueur de James Toback avec Harvey Keitel). Le film ne crée pas d’enthousiasme particulier malheureusement. On n’arrive pas à pleinement rentrer dedans.
de rouille
Le Prénom est une gentille comédie inoffensive qui permet de passer un bon moment pendant 1h40. Rien de bien méchant. De là à être nommé aux césars du meilleur film. Devant le succès du film, l’Académie a du se sentir obligée de le nommer et de récompenser les acteurs, cette dernière ayant donné 5 césars à Amour.
Enfin, la purge des césars est à mettre au compte de Benoit Jacquot avec les Adieux à la Reine . Tout est mauvais dans ce film : de la réalisation aux acteurs, du scénario inintéressant à sa longueur.
adieux
Vivement les Oscars avec le triomphe espéré d’Argo de Ben Affleck.
J-B Coriou

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