R de Tobias Lindholm et Michael Noer (2014)

Film carcéral co-réalisé par Tobias Lindholm, réalisateur de Hijacking et scénariste de La Chasse et par Michael Noer, réalisateur de Northwest, R est un film qui nous plonge dans le quotidien d’une prison au Danemark. Tour à tour violent et émouvant, le film s’intéresse à l’animalité mais aussi à la fragilité inhérente à un être humain emprisonné.

Un jeune Danois du nom de Rune est envoyé en prison et découvre un monde hiérarchisé et violent. Au départ en position de faiblesse, il va peu à peu s’intégrer et devenir un acteur majeur de ce monde criminel carcéral. Ce postulat de départ peut paraître un tantinet éculé, on pense aussi bien à Animal Factory de Steve Buscemi sur la fragilité du nouveau venu en prison qu’au Prophète de Jacques Audiard sur la criminalisation d’êtres en mal de protection. C’est dans la forme que le film diffère, plus proche du réalisme brutal de la trilogie Pusher de Winding Refn que de l’esthétisation d’un Jacques Audiard, R parie sur une immersion totale de son spectateur grâce à sa dimension quasi-documentariste.

Autre choix des réalisateurs, l’absence totale de musique qui est ici remplacée par des sifflements stridents. Ils ont pour but de traduire l’état d’esprit tourmenté du héros confronté à une violence permanente. Mention spéciale à l’acteur Pilou Asbaek, par ailleurs seul acteur professionnel du film dont la justesse de l’interprétation crédibilise pleinement cette épopée criminelle. Le reste du casting est aussi bien composé d’anciens prisonniers que d’anciens surveillants de prison qui ont chacun pu donner leurs conseils aux réalisateurs afin de rendre le récit le plus authentique possible. Véritable école du crime, la prison est ici décrite comme un endroit où l’individu doit enfreindre la loi pour se protéger. À milles lieues de la glamourisation puérile de la criminalité, R nous parle de destins brisés sans jamais tomber dans un misérabilisme agaçant. Film de genre doté d’une certaine dimension sociale, R est un film exemplaire qui reflète la grande qualité des productions cinématographiques danoises de ces dernières années.

Benji SIVI

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ENNEMI D’ETAT de Tony Scott (1998)

 

 

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Une nouvelle loi est proposée aux citoyens américains afin de renforcer le pouvoir des autorités compétentes en déployant le champs d’action des écoutes téléphoniques et des caméras de surveillance. Mais en acceptant cette loi, les citoyens aliènent un peu plus encore leurs libertés individuelles. Phil Hammersley (Jason Robards), sénateur républicain, refuse de voter en faveur de cette loi qu’il considère liberticide. Il est assassiné par des agents de la NSA (National Security Agency) sur les ordres de Thomas Brian Reynolds (Jon Voight), dévoré par l’ambition et l’envie d’étendre son influence, de manière durable.

 

Sorti en 1998, Ennemi d’Etat cristallise la paranoia inhérente à l’attitude parfois fascisante des differentes agences de sécurité des Etats-Unis comme la CIA, la NSA ou le FBI. Les années 1990 ont été fertiles en films d’espionnages et de complots. Ennemi d’Etat est certainement l’un des meilleurs, puisqu’il réussi tout de même à susciter la relexion du spectateur tout en le maintenant constamment pris par un scénario simple et un casting qui se tient tout le long du film. Avec un sujet aussi lourd, le réalisateur aurait pu rater la marche et pondre un métrage lourdingue et prétentieux. Ici rien de tel, on retrouve avec soulagement l’humour noir de True Romance. La diffusion du film tombe à point nommé puisque l’actualité a bien montré que cet espionnage ne se limite non seulement pas au territoir américain mais à ses « allié » européens. Tony Scott pose de bonnes questions qui méritent une réponse, ou au moins qu’on y relechisse. Le réalisateur dénonce cette intrusion qui paraît systématique dans la vie des gens, sous ce pretexte de sécurité nationale qui semble couvrir tous les abus.

 

Le sujet est amené de manière originale, notamment grace aux prises de vues aériennes utilisées par la NSA et une mise en scène nerveuse et efficace. Le casting est toujours très fourni, on apprécie le clin d’oeil à Conversations secrètes (la présence de Gene Hackman entre autre) et l’apparition de Jason Robards dans son avant dernier film. Tom Sizemore apporte une dose d’humour non négligeable au film, Will Smith est convaincant, en revanche Regina King qui interprète son épouse semble quelque peu à côté de la plaque et se montre trop excessive dans son jeu.Ce n’est certainement pas le meilleur Tony Scott, on regrette en particulier la fin qui tombe à plat et le happy end trop présent dans ce type de films, un peu plus de cynisme aurait été le bienvenu. Mais Ennemi d’Etat tient les promesses d’un bon divertissement, aidé par un casting solide et d’un scénario qui semble sinueux au premier abord, juste ce qu’il faut pour tenir le spectateur en haleine.

 

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Marc-Antoine Ravé.

X-MEN 2 de Bryan Singer (2003)

 

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Après plusieurs adaptations plus ou moins réussies au cinéma entre les années 1970 et 1980 avec par exemple Superman de Richard Donner en 1978 et Batman de Tim Burton en 1989 qui connaîssent tous deux un franc succès. Bryan Singer prend l’initiative et relance la machine Marvel sur grand écran avec X-Men en 2000 qui connaît un franc succès. Trois ans plus tard le réalisateur nous offre la suite, X-Men 2, qui va servir de tête de pont à de nombreuses adaptations: Spiderman (2002), Blade 2 (2002), Les quatre fantastiques (2005). L’hégémonie de Marvel Comics

 

X-Men 2 se concentre sur les évènements qui suivent la fin du premier opus, à savoir la crainte des humains face au phénomène mutant. Wolverine (Hugh Jackman) est à la recherche des son passé et tente de vaincre son amnésie pour découvrir qui lui a injecté l’adamantium présent dans son organisme. Parallèlement le Président des Etats-Unis est victime d’ une tentative d ‘assassinat, le responsable étant un mutant, le Colonel Stryker (Brian Cox) profite de la situation pour lancer un assaut sur l’Ecole du Professeur Xavier, Stryker veut absolument s’emparer du Cerebro, et il semblerait que ce dernier ne serait pas étranger à Logan.

 

Bryan Singer l’a déjà prouvé avec ses films précédents et plus précisément avec la première adaptation de l’univers des X-Men, il a le sens de la mise en scène, au service du grand spectacle. On retrouve dans sa manière de filmer, une profondeur de champ qui retranscrit à merveille les cases d’un comic, avec de nombreuses références au reste de la nébuleuse de Stan Lee. Dans le bar où se trouve l’un des gardes d’Eric Lensherr alias Magnéto (Ian McKellen) on peut apercevoir Hank MacCoy alias Le Fauve, on peut dire que Singer à le sens du fan service, mais il le fait avec intelligence et discrétion. Il est difficile de regarder ce film sans penser aux adaptations qu’on nous a servi par la suite comme Thor ou Iron Man pour ne citer que ces deux là. Singer utilise les acteurs avec beaucoup de maîtrise, le face à face entre Stewart et McKellen est génial, et le spectateur ne peut détacher le regardd de l’écran. Brian Cox campe le méchant de l’histoire, on pourrait le qualifier de super villain s’il n’était pas qu’un simple humain sans pouvoirs, et pourtant il réussit à mettre les mutants en echec, et plus particulièrement le Professeur Xavier et ses aptitudes télékinétiques. Comme si ça ne suffisait pas il utilise les pouvoirs de certains mutants à son propre avantage afin de mener sa mission à terme.

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Le réalisateur réussit le pari de mélanger action et humour dans son long métrage, en gros on sent qu’il a réellement lu des comics étant jeune et qu’il fait plaisir aux fans autant qu’à lui même. Car si l’humour est présent dans ses adaptations, il est amené de manière légère, rien à voir avec l’humour troupier que l’on retrouve malheureusement à chaque transposition Marvel au cinéma. On ne citera pas de nom afin de ne pas heurter Kenneth Brannagh et Alan Taylor. Si le film est sorti en 2003, on retrouve cette ambiance de films d’actions des années 1990 qui ont bercé l’enfance de nombre d’entre nous. Et que dire du casting sinon qu’il est génial, quand on voit la performance de Brian Cox, on ne peut qu’espérer que Richard Dinklage fera aussi bien, voire mieux dans X-Men: Days of the futur past. Bryan Singer peut se targuer d’avoir pondu deux des plus belles adaptations de super héros au cinéma, au même titres que Guillermo del Toro avec Blade 2 et Hellboy (1 et 2). On est d’ailleurs déçu qu’il ait été remplacé par Brett Rattner pour X-Men : L’Affrontement final, qui sans être totalement mauvais, rate la marche et détruit ce que Singer avait construit au prélable.

 

En définitive X-Men 2 est une franche réussite qui allie grand spectacle et thème sociétaux. Il ne faut pas oublier que tout en étant un divertissement, le comic recèle une critique sous-jacente de la société américaine et du monde en général, chose que l’on a pu voir chez George Romero avec Zombie (1978) et ses films suivants. On retrouve ici, un long métrage agréable à regarder et qui est fait aussi bien pour les fans hardcore que pour les néophytes du genre. A l’heure actuelle les réalisateurs tentent d’amener l’univers au spectateurs par le biais de la 3D, Bryan Singer lui prend le parti d’amener le spectateur dans son univers. En regardant X-Men 2 on se sent un peu l’âme d’un Danny Madigan.

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Marc-Antoine Ravé.

ADIEU POULET de Pierre Granier-Deferre (1975)

 

 

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Adieu Poulet, est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Raf Vallet, lui même inspiré du fait divers survenu à Puteaux en 1971. En utilisant une enquête policière, le cinéaste Pierre Granier-Deferre charge les politiques et les trop nombreuses coercitions entre eux et les criminels qu’ils engagent pour accomplir leur basses oeuvres.

 

A Rouen, en pleine campagne électorale, un membre du service d’ordre du candidat Ladratte tue un jeune colleur d’affiche d’un candidat adverse. L’inspecteur Moitrier qui se rend sur place est abattu par Antoine Portor, bien connu des services de police. Chargés de l’enquête le commissaire Verjeat (Lino Ventura) et l’inspecteur Lefèvre (Patrick Dewaere) sont bien décidés à mettre la main sur l’assassin quoi qu’il en coûte.

 

Grand opposant de la Nouvelle Vague, Pierre Granier-Deferre reste on ne peut plus formel dans sa mise en scène, la grisaille de la ville de Rouen doit être restituée de manière à coller à l’ambiance, meurtres, prostitution, magouilles politiciennes, et tueurs de flics. Malgré l’aspect vieillissant de la photographie, l’intérêt est ravivé par une efficacité des acteurs et du scénario. En tant que spectateur, l’enquête menée n’est pas réellement ce qui captive le plus. On est plus attiré par le traitement de l’homme politique incarné par Victor Lanoux avec ses faux airs de Le Pen. Le portrait au vitriol qu’il nous offre, est particulièrement drôle, surtout lorsqu’il essaye de grapiller quelque voix dans la maison de retraite. L’archétype même de l’homme politique dévoré par son ambition, tellement odieux que l’on attend sa chute avec impatience.

 

Les deux flics ne sont pas mal non plus, l’équipe formée par Ventura et Dewaere est convaincante, le premier a quasimment tout vu et tout vécu, un peu blasé sur les bords. Tandis que son jeune acolyte, apporte une pointe d’humour bienvenue, et étonnament il n’est pas le plus sanguin des deux. Au fond ce qui fonctionne vraiment dans ce film c’est l’esprit frondeur et anarchiste de ces deux flics et des répliques cinglantes qu’ils balancent, par exemple quand Verjeat fait gentiment comprendre à son supérieur qu’il ne voit pas bien la différence entre un gangster et un politicien.

 

Un film d’artisan porté par de bons acteurs, eux mêmes aidés par des seconds rôles de qualité, Claude Rich, Julien Guiomar. Encore une histoire de flic qui jette l’éponge et tourne le dos à sa hiérarchie lâche et impuissante, pourtant celle-ci à quelque chose d’attrayant dans son cynisme profondément humaniste.

 

Marc-Antoine Ravé.

 

 

 

GANGS OF NEW YORK de Martin Scorsese (2002)

 

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Inspiré d’un roman de Herbert Hashbury du même nom, la version définitive de Gangs of New York voit le jour en 2002. Ce projet porté par Martin Scorsese, qui souhaitait l’adapter depuis les années 70, a dû composer avec de nombreux désaccords entre lui et la production. Si ce long métrage n’est pas le meilleur du cinéaste, on ressent une véritable envie d’offrir un morceau d’histoire des Etats-Unis et plus particulièrement de la ville natale du réalisateur italo-américain, New-York.

 

En 1846, New York, les Five Points (Manhattan) deux gangs s’affrontent pour le contôle de ce territoire rongé par la misère et la famine. Les « Natives » dirigés par le charismatique et xénophobe William Cutting dit Bill le Boucher (Daniel Day-Lewis) et les « Dead Rabbits » dont le chef Priest Vallon (Liam Neeson) est tué sous les yeux de son fils Amsterdam (Leonardo DiCaprio). Envoyé en maison de correction, le jeune homme sort seize ans plus tards afin de venger son défunt père.

 

Ce qui donne vraiment corps à ce film, c’est la minutie avec laquelle Scorsese a recréé le New York du XIXème siècle, qu’il s’agisse des accents, des costumes, de l’architecture de la ville ou des méthodes politiciennes pour remporter les élections. C’est ce point de vue historique qui l’emporte sur la simple histoire de vengeance qui n’est qu’une manière d’amener le véritable propos du film, la construction de New York s’est fait dans la rue et dans le sang.

 

Au fond on oublie rapidement ces petites gens qui ont joué un rôle décisif dans le paysage politique du pays la dernière séquence est représentative de cette idée, au premier plan le cimetière dans lequel sont enterrés Cutting et Vallon, au second la ville de New York, on assiste à l’évolution de la ville en accéléré jusqu’en 2001, les tombes ont disparues, la morsure du temps a fait son oeuvre, la ville est devenue une immense mégalopole.

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On ne peut s’empêcher de sourire lorsque l’on entend les saillies racistes et xénophobes du Boucher qui appelle son gang les « Natives », alors que les véritables natifs d’amérique, sont les amérindiens spoliés par les colons, puis par le gouvernement américain. Les Etats-Unis se sont construits avec les immigrations successives d’anglais, de hollandais, d’allemands et d’irlandais. Cette xénophobie dirigée contre les irlandais fuyants la Grande Famine s’est ensuite dirigée contre les italiens au début du XXème siècle, un moyen intelligent de la part du metteur en scène pour faire jaillir la stupidité des idées xénophobes de groupes violents suprémacistes et racistes qui pullulent en Amérique. Ceux qui se considèrent comme de « vrais américains » et qui poursuivent les immigrés de leur haine ne sont eux même que des descendants d’immigrés. La violence des émeutes de la conscription (Draft Riots) soulignent un passage important de la Guerre de Sécession souvent peu connu, ou de nombreux noirs sont lynchés par la foule, qui ira jusqu’à incendier un orphelinat d’enfants noirs, l’image du Nord abolitionniste et progressiste en prend un coup.

 

William Cutting, incarné par l’un des meilleurs acteurs contemporain, Daniel Day-Lewis, est par sa brutalité, le symbole d’une amérique archaïque vouée à disparaître, et bien que travaillant de concert avec le parti Tammany Hall ne cache pas son mépris et sa haine des manoeuvres politiciennes, il vit de manière violente mais possède ses propres principes qui ne s’accordent en rien avec ceux défendus par les classes dirigeantes. il ferait presque penser à l’un de ces vieux samourais écrasés par l’armée imperiale sous l’ère Meiji, lors de la révolte de Satsuma, la fin d’un monde, la naissance d’un autre.

 

Encore une fois Scorsese fait preuve de beaucoup de maîtrise dans sa mise en scène, l’aspect religieux prépondérant dans son cinéma prend ici une symbolique particulière. En revanche le rôle de Cameron Diaz, n’a pas grand intérêt et paraît décalé par rapport au reste de la distribution. Quelques longueurs mais reste un film à voir ne serait-ce que pour la richesse du casting et le travail fourni dans la décoration et tous les détails qui font de ce film un morceau d’histoire.

 

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Marc-Antoine Ravé.

 

TOP 2013

the wolf

1. The Wolf of Wall Street de Martin Scorsese

2. Inside Llewyn Davis des frères Coen

3. The Immigrant de James Gray

4. Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow

5. Pacific Rim de Guillermo Del Toro

6. Mud de Jeff Nichols

7. Only God Forgives de Nicolas Winding Refn

8. La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche

9. A Touch of Sin de Jia Zhang Ke

10. Blue Jasmine de Woody Allen

11. Captain Philips de Paul Greengrass

12.Gravity d’Alfonso Cuaron

13. Evil Dead de Fede Alvarez

14. La Danza de la Realidad de Alejandro Jodorowsky

15. Wajda de Haïfa Al Mansour 

Curieuse année 2013 avec finalement très peu de nouveaux réalisateurs prometteurs. Mon Top 3 regroupe ainsi Scorsese, les Coen et James Gray. Les blockbusters estivaux m’ont beaucoup déçu (Man of Steel, Star Trek, World War Z…). Seul Pacific Rim a vraiment réussi à s’imposer. Mes deux coups de coeur sont pour Zero Dark Thirty et Mud qui m’ont vraiment impressionné. La Palme d’or se glisse naturellement dans ce top car malgré les polémiques, on est face à un vrai grand film. Enfin, A Touch of Sin, la Danza de la Realidad et Wajda m’ont permis de voyager et de me donner un état du monde très juste.

Vivement 2014.

Flop 5

1. Gangster Squad

2. The GrandMaster

3. Gatsby Le Magnifique

4. Star Trek Into Darkness

5. Machete Kills

LE CINQUIÈME POUVOIR de Bill Condon (2013)

le cinquième pouvoir

Quelles sont les raisons pour lesquelles Julian Assange a t’il décidé d’exposer des secrets d’État ? De quelle manière a-t-il procédé ? Avec qui ? Le Cinquième Pouvoir tente de répondre à ces questions et de mettre ainsi à nu toute l’entreprise Wikileaks. Si le sujet éveille l’intérêt du spectateur, le film accumule malheureusement les poncifs et se révèle rapidement soporifique.

Révolutionnaire dans l’âme, Julian Assange désirait avec Wikileaks rendre accessible à tous des informations traditionnellement classés secrètes. Véritable tête brûlée, il était accompagné de l’Allemand Daniel Berg qui voyait en Assange un visionnaire doublé d’un incroyable meneur d’hommes. Le film suit l’activiste Daniel Berg et explore la relation entre les deux hommes dans leur entreprise de déstructuration du système. Daniel Brühl incarne à merveille ce jeune idéaliste qui, d’abord fasciné par son mentor, va rapidement éprouver du dégoût pour cet homme réellement dangereux. Le casting est d’ailleurs le seul point fort du film, on saluera notamment les performances correctes de l’allemand Moritz Bleibtreu (La Bande à Baader) et de la sublime Carice Van Houten (Black Book) qui enchante le spectateur par sa seule présence.  Le toujours charismatique Benedict Cumberbatch crève l’écran mais son personnage n’a malheureusement jamais la densité escomptée.

Plombé par un scénario mollasson et une mise en scène neurasthénique, le film accumule les informations sans qu’aucun traitement cinématographique ne soit effectué pour leur donner une réelle ampleur. Par conséquent, Le Cinquième Pouvoir désintéresse rapidement un spectateur au départ intrigué, qui regarde ensuite en permanence sa montre en se demandant quand cette galère va prendre fin. Un bon sujet ne fait pas un bon film, cela se vérifie hélas une nouvelle fois avec Le Cinquième Pouvoir, film vain qui n’aborde jamais en profondeur les questionnements que ce type d’entreprise peut susciter. Néanmoins, le film n’entachera sûrement pas la carrière cinématographique de Benedict Cumberbatch qui choisira mieux ses projets à l’avenir.

En conclusion, Le Cinquième Pouvoir est une immense déception doublée d’une perte de temps précieuse.  Empressez vous donc de le rater.

Ben SIVI