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GANGS OF NEW YORK de Martin Scorsese (2002)

 

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Inspiré d’un roman de Herbert Hashbury du même nom, la version définitive de Gangs of New York voit le jour en 2002. Ce projet porté par Martin Scorsese, qui souhaitait l’adapter depuis les années 70, a dû composer avec de nombreux désaccords entre lui et la production. Si ce long métrage n’est pas le meilleur du cinéaste, on ressent une véritable envie d’offrir un morceau d’histoire des Etats-Unis et plus particulièrement de la ville natale du réalisateur italo-américain, New-York.

 

En 1846, New York, les Five Points (Manhattan) deux gangs s’affrontent pour le contôle de ce territoire rongé par la misère et la famine. Les « Natives » dirigés par le charismatique et xénophobe William Cutting dit Bill le Boucher (Daniel Day-Lewis) et les « Dead Rabbits » dont le chef Priest Vallon (Liam Neeson) est tué sous les yeux de son fils Amsterdam (Leonardo DiCaprio). Envoyé en maison de correction, le jeune homme sort seize ans plus tards afin de venger son défunt père.

 

Ce qui donne vraiment corps à ce film, c’est la minutie avec laquelle Scorsese a recréé le New York du XIXème siècle, qu’il s’agisse des accents, des costumes, de l’architecture de la ville ou des méthodes politiciennes pour remporter les élections. C’est ce point de vue historique qui l’emporte sur la simple histoire de vengeance qui n’est qu’une manière d’amener le véritable propos du film, la construction de New York s’est fait dans la rue et dans le sang.

 

Au fond on oublie rapidement ces petites gens qui ont joué un rôle décisif dans le paysage politique du pays la dernière séquence est représentative de cette idée, au premier plan le cimetière dans lequel sont enterrés Cutting et Vallon, au second la ville de New York, on assiste à l’évolution de la ville en accéléré jusqu’en 2001, les tombes ont disparues, la morsure du temps a fait son oeuvre, la ville est devenue une immense mégalopole.

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On ne peut s’empêcher de sourire lorsque l’on entend les saillies racistes et xénophobes du Boucher qui appelle son gang les « Natives », alors que les véritables natifs d’amérique, sont les amérindiens spoliés par les colons, puis par le gouvernement américain. Les Etats-Unis se sont construits avec les immigrations successives d’anglais, de hollandais, d’allemands et d’irlandais. Cette xénophobie dirigée contre les irlandais fuyants la Grande Famine s’est ensuite dirigée contre les italiens au début du XXème siècle, un moyen intelligent de la part du metteur en scène pour faire jaillir la stupidité des idées xénophobes de groupes violents suprémacistes et racistes qui pullulent en Amérique. Ceux qui se considèrent comme de « vrais américains » et qui poursuivent les immigrés de leur haine ne sont eux même que des descendants d’immigrés. La violence des émeutes de la conscription (Draft Riots) soulignent un passage important de la Guerre de Sécession souvent peu connu, ou de nombreux noirs sont lynchés par la foule, qui ira jusqu’à incendier un orphelinat d’enfants noirs, l’image du Nord abolitionniste et progressiste en prend un coup.

 

William Cutting, incarné par l’un des meilleurs acteurs contemporain, Daniel Day-Lewis, est par sa brutalité, le symbole d’une amérique archaïque vouée à disparaître, et bien que travaillant de concert avec le parti Tammany Hall ne cache pas son mépris et sa haine des manoeuvres politiciennes, il vit de manière violente mais possède ses propres principes qui ne s’accordent en rien avec ceux défendus par les classes dirigeantes. il ferait presque penser à l’un de ces vieux samourais écrasés par l’armée imperiale sous l’ère Meiji, lors de la révolte de Satsuma, la fin d’un monde, la naissance d’un autre.

 

Encore une fois Scorsese fait preuve de beaucoup de maîtrise dans sa mise en scène, l’aspect religieux prépondérant dans son cinéma prend ici une symbolique particulière. En revanche le rôle de Cameron Diaz, n’a pas grand intérêt et paraît décalé par rapport au reste de la distribution. Quelques longueurs mais reste un film à voir ne serait-ce que pour la richesse du casting et le travail fourni dans la décoration et tous les détails qui font de ce film un morceau d’histoire.

 

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Marc-Antoine Ravé.

 

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