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ADIEU POULET de Pierre Granier-Deferre (1975)

 

 

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Adieu Poulet, est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Raf Vallet, lui même inspiré du fait divers survenu à Puteaux en 1971. En utilisant une enquête policière, le cinéaste Pierre Granier-Deferre charge les politiques et les trop nombreuses coercitions entre eux et les criminels qu’ils engagent pour accomplir leur basses oeuvres.

 

A Rouen, en pleine campagne électorale, un membre du service d’ordre du candidat Ladratte tue un jeune colleur d’affiche d’un candidat adverse. L’inspecteur Moitrier qui se rend sur place est abattu par Antoine Portor, bien connu des services de police. Chargés de l’enquête le commissaire Verjeat (Lino Ventura) et l’inspecteur Lefèvre (Patrick Dewaere) sont bien décidés à mettre la main sur l’assassin quoi qu’il en coûte.

 

Grand opposant de la Nouvelle Vague, Pierre Granier-Deferre reste on ne peut plus formel dans sa mise en scène, la grisaille de la ville de Rouen doit être restituée de manière à coller à l’ambiance, meurtres, prostitution, magouilles politiciennes, et tueurs de flics. Malgré l’aspect vieillissant de la photographie, l’intérêt est ravivé par une efficacité des acteurs et du scénario. En tant que spectateur, l’enquête menée n’est pas réellement ce qui captive le plus. On est plus attiré par le traitement de l’homme politique incarné par Victor Lanoux avec ses faux airs de Le Pen. Le portrait au vitriol qu’il nous offre, est particulièrement drôle, surtout lorsqu’il essaye de grapiller quelque voix dans la maison de retraite. L’archétype même de l’homme politique dévoré par son ambition, tellement odieux que l’on attend sa chute avec impatience.

 

Les deux flics ne sont pas mal non plus, l’équipe formée par Ventura et Dewaere est convaincante, le premier a quasimment tout vu et tout vécu, un peu blasé sur les bords. Tandis que son jeune acolyte, apporte une pointe d’humour bienvenue, et étonnament il n’est pas le plus sanguin des deux. Au fond ce qui fonctionne vraiment dans ce film c’est l’esprit frondeur et anarchiste de ces deux flics et des répliques cinglantes qu’ils balancent, par exemple quand Verjeat fait gentiment comprendre à son supérieur qu’il ne voit pas bien la différence entre un gangster et un politicien.

 

Un film d’artisan porté par de bons acteurs, eux mêmes aidés par des seconds rôles de qualité, Claude Rich, Julien Guiomar. Encore une histoire de flic qui jette l’éponge et tourne le dos à sa hiérarchie lâche et impuissante, pourtant celle-ci à quelque chose d’attrayant dans son cynisme profondément humaniste.

 

Marc-Antoine Ravé.

 

 

 

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