L’IMPASSE de Brian De Palma (1993)

Réalisé en 1993 par Brian De Palma, L’Impasse est un film de gangsters emmené par le grand Al Pacino. La décennie des années 90 a été celle où Pacino s’est consacré à des rôles de criminels vieillissants et parfois désireux de changer de vie à l’instar de ses rôles dans le Parrain III et Donnie Brasco.
L’Impasse s’inscrit également dans cette lignée là en mettant en scène le narcotrafiquant Carlito Brigante qui, tout droit sorti de prison, rêve de refaire sa vie au soleil loin des rues new-yorkaises. Ces rues l’ont évidemment façonné et conditionné si bien que tout fuite vers une autre existence semble quasi-impossible. L’affiche touristique vantant les avantages de Paradise Island est en réalité une chimère qui s’éloigne de plus en plus au fur et à mesure que le film avance.
De Palma prend ses distances avec le schéma classique du film de gangsters (ascension, apogée et déclin) et décide de mettre en scène un ex-criminel qui se voit donner une seconde chance. Pacino interprète magistralement Carlito Brigante en humanisant grandement ce personnage qui tente de se convaincre qu’il peut être un autre homme. Brigante est tout à la fois lucide et aveugle quant à sa véritable condition.

Le personnage de l’avocat (Sean Penn) est intéressant à analyser puisqu’il est le protagoniste qui le rattache le plus à sa vie d’avant. Cet avocat aide Carlito à sortir de prison, ce qui est en réalité à double tranchant tant la dette envers lui se révèle plus importante que prévu. Carlito étant un truand de la « vieille école » qui valorise l’amitié, il se doit de payer cette dette de vie même si elle le met grandement en danger. Ce n’est pas l’appât du gain qui le paralyse dans cette vie criminelle mais bien son sens de l’honneur qui ruine tous ses espoirs d’une vie meilleure.
Le personnage de Gail (Penelope Ann Miller) est une femme qui a beaucoup compté dans la vie de Carlito et qui incarne la possible rédemption de Brigante. Elle tente de le raisonner quant à ses fréquentations mais Carlito ne peut couper les ponts tant l’ombre de son lourd passé plane de manière perpétuelle.
« Street is watching » Carlito doit continuer de se faire respecter en utilisant la violence comme une manière de faire passer les messages. Cette violence a toujours fait partie de son monde car c’est ainsi qu’il peut entretenir sa réputation qui compte en réalité plus que son désir d’une autre vie.
La mise en scène de De Palma ressemble beaucoup à celle utilisée dans Les Incorruptibles et a tendance à s’effacer derrière ses personnages. Elle est sobre et efficace mais tranche clairement avec les expérimentations cinématographiques de Blow Out et de Carrie.
L’Impasse est un film rythmé et haletant qui a très bien vieilli. En réalité, le seul aspect qui semble aujourd’hui un peu daté est la représentation très bling bling et glam des gangsters vêtus de costumes chics tout en fumant des gros cigares. Il est vrai que cette image caricaturale a été remise en cause depuis par des séries comme les Soprano ou par des films comme la trilogie Pusher de Winding Refn.

Ben SIVI

GATSBY LE MAGNIFIQUE de Baz Luhrmann (2013)

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Citizen Kane d’Orson Wells vient d’être détrôné par Sueur Froides (vertigo) d’Alfred Hitchcock, au classement des 50 meilleurs films établis par la British film institute. Je lis cela tout en rentrant de Gatsby le magnifique.
Ce qui me fait penser aux nombreuses similitudes entre Kane et Gatsby.
Vouloir se faire tout seul, croire en un rêve, avoir tout mais n’aimer qu’un(e)

Durant la première heure mon œil a eu beaucoup de mal à se faire à cette longue introduction sous forme de clip pourrions-nous dire, où chaque plan ne dure pas plus de 2 secondes. On commence tout de même au bout d’un moment à rentrer en contact avec le rapporteur de cette histoire. Les successions de courts plans nous mettent dans le thème.
La camera prend soudain de l’altitude, et nous entrons dans une drôle d’histoire.

Autant le dire tout de suite, ce film m’a beaucoup plu. Fitzgerald est avec St-Exupéry l’un de mes auteurs préférés. Et on retrouve bien le texte dans le film. J’ai retrouvé avec plaisir le phrasé de Francis Scott, qui font joie à mes rares nuits d’insomnie.

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Superbe premier plan, qui comme le veut une certaine règle classique du cinéma résume le film à lui seul.
Quand j’étais plus jeune et plus vulnérable, mon père, un jour, m’a donné un conseil que je n’ai pas cessé de retourner dans ma tête. « Chaque fois que tu seras tenté de critiquer quelqu’un, m’a t’il dit, songe d’abord que tout un chacun n’a pas eu en ce bas monde les mêmes avantages que toi. »

Nick Carraway, vient d’un milieu certes aisé mais beaucoup moins aisé que sa cousine Daisy.
Le personnage se définit comme un de ces ambitieux de Wall Street, qui sans l’envie de très bien gagner sa vie, aurait été écrivain.
Fitzgerald qui vient d’un milieu modeste, a toujours été fasciné par les gens riches.
A son éditeur, il confia que Gatsby fut son roman le plus personnel. Gatsby c’est lui!

La musique est contemporaine, le roman intemporel. Jay-Z pour Jay Gatsby (selon un article que j’ai lu) pourrait être l’un de ces nouveaux nababs d’aujourd’hui. Selon ce dernier, le plus important n’est pas de savoir comment Gatsby est devenu riche, mais si c’est une bonne personne.

« Tu vaux bien mieux que toute cette racaille. »
Ce sont les derniers mots de Nick à son ami Gatsby. Cela me fait penser au Parrain, lorsque Michael explique à Kay qu’il demande en mariage, que certes il tue, mais qu’au final ce n’est que de la politique, et eux aussi tuent.

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Mais voilà, dans son propre roman Fitzgerald « s’interdit toute virtuosité destinée à impressionner » et qu’il garde constamment « l’émotion en sourdine ».
C’est tout le contraire du film où tout n’est que grand spectacle et feu d’artifice. L’émotion est produit à grand renfort de musique.
Il faut voir le making-of du film. Il y a des fonds vert dans tous les plans.
Quel est la part de vérité dans les images que nous voyons ? Aurait-il été possible de faire comprendre Gatsby, sans artifice et effet spéciaux ? Aurait-il été possible avec de simples plans fixes de faire passer les émotions issues du livre ?

Si je devais décrire la mise en scène du film, c’est le mouvement qui me vient en tête. On passe d’une rive à l’autre, en survolant la mer très rapidement.
Comme pour Les Dents de la Mer, on entend beaucoup parler de Gatsby, mais ce n’est qu’au bout d’une demi-heure qu’on le voit apparaitre. C’est en parlant de lui, et en montrant un sorte de mystère autour du personnage, que le réalisateur réussit à éveiller en nous l’envie de le voir, de le toucher presque grâce à la 3D.

Alors oui le film, est essentiellement un long clip video, ce qui je pense, plait à notre génération d’enfant des années 90. Mais le thème du livre qui reste la mélancolie, n’est pas ressenti dans le film.

D’après Julie Wolkenstein, la meilleur adaptation du magnifique est « Il était une fois en amérique » de Sergio Leone, « dont le héros, un gangster juif new-yorkais amoureux d’une étoile, serait un Gatsby vieilli et vaincu ». D’où mon opinion, sur les adaptations littéraires.

Voilà ce que je pourrais dire sur ce film. Reste que je pense que les livres sont faits pour être lus. Il est important de faire travailler un peu notre imagination tout en nous inspirant de nos lectures, qui je suis sûr, ont inspiré Orson Wells pour son Citizen Kane.

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Adrien Joly

L’ARME FATALE de Richard Donner (1987)

avec Mel Gibson, Danny Glover, Gary Busey, Mitch Ryan, Tom Atkins…..

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Walter Hill avait créé en 1982 un genre à part entière dans le cinéma hollywoodien : le buddy movie. Deux personnes que tout opposent s’associent et apprennent à s’apprivoiser pour régler une enquête policière. La vraie réussite de ce genre viendra cinq ans plus tard avec L’Arme Fatale réalisé par le déjà consacré Richard Donner (La Malédiction, Superman, Les Goonies). Ecrit par Shane Black, le futur réalisateur d’Iron Man 3, ce thriller vaut avant tout pour la qualité de son interprétation. Mel Gibson est alors auréolé du succès de la Trilogie Mad Max. Il en est de même pour Danny Glover pour son interprétation dans La Couleur Pourpre de Steven Spielberg.

Roger Murtaugh est un flic qui mène une vie paisible avec sa femme et ses trois enfants. Tout le contraire de Martin Riggs, jeune chien fou suicidaire, qui travaille aux stups. A la suite du meurtre de la fille d’un ami de Murtaugh, les deux policiers vont être amenés à travailler ensemble. D’autant plus que ce meurtre serait lié à un vaste trafic de drogue.

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Les années 80 sont marquées par le retour au pouvoir des républicains avec à sa tête Ronald Reagan. Les questions existentielles sur le destin de l’Amérique ont été mises au placard et ont fait place à la fierté retrouvée avec tous les actioners badass avec en tête de gondole les Stallone, Schwarzenegger, Willis et cie. L’Amérique veut montrer ses muscles au monde entier. L’Arme Fatale marque l’idée nouvelle que l’union fait la force contrairement aux films des acteurs cités ci-dessus. Propre aux films des années 80, les méchants sont à la limite de la caricature, les insultes pleuvent, le maitre des tortures est chinois, l’intrigue est assez simpliste.

Toutefois, le film marche par une vraie écriture des deux personnages principaux. Ainsi l’opposition Riggs/Murtaugh est très crédible avec une empathie immédiate. On découvre la famille Murtaugh dans leur maison de banlieue souhaitant l’anniversaire du patriarche. La scène est donc assez chaleureuse. A l’inverse, Riggs se réveille nu dans une caravane sale avec une gueule de bois monumentale. Il a un air paumé, désabusé. La vie ne lui a réellement pas fait de cadeau. On apprend très vite ses envies de suicide à travers deux scènes assez puissantes où il est à deux doigts de commettre l’irréparable. Il faut noter que le film reste très sombre, assez violent par moment contrairement aux suites beaucoup plus humoristiques, beaucoup plus second degré.

En cela, la seconde partie du film est assez classique sans grande surprise une fois la relation amicale mise en place. L’histoire policière suit son cours, parfois de manière assez incohérente. On se doute bien de la fin sans grand intérêt. En revanche, la scène finale donne un bon coup de fouet à l’intrigue.

Enfin, notons le vrai personnage de badass de Mel Gibson d’où naissent les vraies scènes cultes du film. Contrairement à Harry Callahan ou Paul Kersey, Riggs a une certaine touche d’humour : la scène de la tentative de suicide d’un passant et l’arrestation de trafiquants de drogue sont ainsi un modèle du genre de badass attitude.

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J-B Coriou

PACIFIC RIM de Guillermo Del Toro (2013)

Amoureux des monstres géants depuis sa plus tendre enfance, Guillermo Del Toro rend ici hommage à ces immenses créatures avec un film monumental et jubilatoire. À noter que son amour des monstres gigantesques transparaissait déjà dans la scène de l’élémentaire d’Hellboy 2 qui paraît aujourd’hui annonciatrice de Pacific Rim. Doté il est vrai d’un scénario un peu prétexte, Pacific Rim nous offre des scènes fabuleuses d’affrontements entre créatures titanesques (« Kaiju ») et robots géants (« Jaeger »).
Le moins que l’on puisse dire est que Del Toro est un cinéaste qui sait faire plaisir à son public principalement geek il est vrai. Chaque combat est plus spectaculaire que le précédent et le spectateur reste bouche bée face à des scènes qui relèvent du jamais vu au cinéma. Il faut voir les Jaegers se battre à coup d’épée géante ou de bateau face à des Kaijus qui détruisent tout sur leur passage, rarement le spectateur a été autant comblé de plaisir au cinéma.

Néanmoins, le film a eu beaucoup de mal à trouver son public, ce qui peut s’expliquer par deux raisons. Premièrement, le fait que Pacific Rim sort directement de l’esprit bien nerd de Del Toro, le film n’étant ni une suite, remake, reboot, prequel et n’appartenant à aucune franchise, cela a apparemment freiné la fréquentation d’un public habitué aux adaptations Marvel/DC au cinéma. Deuxièmement, le manque de stars à l’affiche, les kaijus et les jaegers étant les véritables vedettes du long-métrage. Cependant, manque de stars ne veut surtout pas dire manque de talent, le génial Idris Elba (The Wire, Prometheus) et l’acteur Del Torien par excellence Ron Pearlman (Cronos, Blade 2, Hellboy 1 et 2) livrent ici une très bonne interprétation. Malheureusement, on ne peut en dire autant du reste du casting, si Charlie Hunnam livre une performance correcte, certains acteurs sont en revanche assez exaspérants, à l’image des deux frères scientifiques qui nous donnent envie de s’arracher les cheveux d’agacement.
Mais tout cela relève du détail tant le film est un véritable concentré de plaisir. Deux heures dix ahurissantes de divertissement à l’état pur où chaque nouvelle attaque de Kaijus nous fait frissonner de plaisir.
Si l’on peut reprocher au film quelques petites incohérences scénaristiques et le manque d’épaisseur de certains personnages, Pacific Rim est néanmoins le blockbuster le plus réussi de l’année loin devant Man of Steel, Iron Man 3 et Star Trek Into Darkness.
On ne peut également que souhaiter à Del Toro que Pacific Rim trouve son public pour qu’un jour, peut-être, le cinéaste mexicain nous fasse une suite ou alors que cela l’aide à concrétiser le projet d’Hellboy 3 qui serait selon Del Toro placé sous le signe de la fin des temps, rien que ça.

Ben SIVI

HUGO CABRET de Martin Scorsese (2011)

Faux conte de noël mais vraie déclaration d’amour au cinéma, Hugo Cabret est une œuvre à part dans la filmographie du réalisateur Italo-américain Martin Scorsese. Pour la petite histoire, le metteur en scène a fréquenté très tôt les salles de cinéma new-yorkaises du fait d’un asthme terrible qui l’empêchait de jouer dehors avec les autres enfants. Le film nous propose donc un voyage quasi-onirique dans le Paris des années 30  où le 7ème art joue ici un rôle central. Le spectateur vit l’histoire à travers les yeux du jeune Hugo Cabret qui n’est autre que l’alter ego du réalisateur. Dans les deux cas, le cinéma est un véritable moteur de vie mais possède également une vraie dimension salvatrice.
À l’image de Del Toro dans L’échine du Diable ou dans le Labyrinthe de Pan, Scorsese choisit de mettre en scène un enfant qui évolue au cœur d’enjeux fondamentalement adultes. Hugo est un orphelin qui erre dans la Gare du Nord et qui survie en volant ici et là. Son enfance lui a été volée et le seul souvenir qu’il a de son père horloger est un automate mécanique qui ne fonctionne plus. Hugo tente donc de réparer cet automate qui symbolise évidemment son passé. En ce sens, son incapacité à le réparer le paralyse littéralement dans cette existence pour le moins misérable. Le jeune Cabret ne peut aller de l’avant sans ce chainon fondamental qui lie son passé à son avenir.

Le jour où il se fait prendre la main dans le sac par un  marchand de jouets est le jour où sa vie va basculer. La rencontre avec la fille adoptive du marchand (Chloé Moretz) va donner un sens à sa vie. Il n’est alors plus seul pour affronter les affres de la vie et va en apprendre plus sur son passé grâce à elle. Le soin apporté à chaque plan de Paris qui n’est ici qu’un terrain de jeu pour des enfants en quête d’eux-mêmes rend le film visuellement somptueux.
Il va alors découvrir que le marchand a été un artisan virtuose du cinéma du début du 20ème siècle qui vit dorénavant sous le couvert de l’anonymat. Le film prend alors un tournant drastique et nous embarque dans un voyage féérique avec le cinéma pour toile de fond. La fascination des deux enfants face aux merveilles que pouvaient offrir le 7ème art à cette époque est évidemment partagée par Scorsese qui filme alors amoureusement chaque scène.
Hugo Cabret est visiblement un projet que Scorsese portait dans son cœur depuis longtemps et son émotion transparait à chaque scène. C’est en réalité l’un des films récents les plus intéressants de son metteur en scène car il est aussi l’un de ses plus personnels. Enfin, le film est une vraie réussite visuelle doublé d’un vibrant hommage au cinéma quand il n’en était alors qu’à ses balbutiements.

Ben SIVI

MOON de Duncan Jones (2009)

Avec Sam Rockwell, Robin Chalk, Kevin Spacey, Dominique McElligott, Kaya Scodelario, Benedict Wong, Matt Berry…

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Injustement sorti directement en DVD en 2009, Moon est le premier film de Duncan Jones, le fils du grand David Bowie. La grande réussite du film est de s’être inspiré de tous les chefs d’oeuvres de la science-fiction (en particulier 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick) pour en faire un film unique et pas une pâle copie de ses ainés. Jones connait ses classiques et les exploitent parfaitement et a fortiori peut constituer la seule limite du film.

La terre subit une crise énergétique majeur. Pour lutter contre ce fléau, la société Lunar exploite de l’hélium 3, une ressource écologiquement propre extrait directement de la Lune. Une mini-station spatiale entièrement automatisée a ainsi été créée sur La Lune d’où l’utilité de n’employer qu’un surveillant. Sam Bell a été sélectionné pour accomplir cette mission durant 3 ans avec pour seul compagnon Gerty, l’ordinateur central de la station. Lorsque Sam se prépare à retourner sur Terre, son esprit est pris d’hallucinations. A la suite d’une sortie spatiale et pris par une énième hallucination, il subit un accident avec son engin. Il se réveille dans la station mais décide d’enquêter sur ces phénomènes.

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L’intrigue fait clairement penser à Soleil Vert de Richard Fleisher de 1973 avec en ligne de mire le thème écologique. Mais là où l’écologie était le thème principal du film de Fleisher, Jones s’en sert uniquement pour son prologue. De même, la société Lunar est une référence directe à la cynique société employant le Nostromo d’Alien. L’idée clé de ce long-métrage est de filmer un seul et unique acteur pendant 1h30 en l’occurrence le toujours parfait Sam Rockwell (très et trop souvent second rôle du cinéma américain), acteur caméléon qui parvient toujours avec son physique passe partout à sublimer ses rôles. Ce choix scénaristique déstabilise le spectateur dès le début du film et impose une curiosité immédiate. Le flippant compagnon de Sam, Gerty (la voix de Kevin Spacey), n’est d’autre qu’une machine parlante symbolisée par un smiley et fait référence au Hal de 2001 avec sa voix monocorde et informatisée.

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Moon est avant tout un film d’ambiance avec un rythme assez lent. On y voit le quotidien très déshumanisé et très répétitif de Sam. Mais Jones arrive en permanence à relancer ce huit-clos de manière intelligente. Le réalisateur se sert pour cela de ses modèles. Ainsi, l’apparition du clone de Sam, thème récurrent dans la science-fiction, amène un nouveau souffle au film.

Une fois le premier quart d’heure passé, l’empathie avec le personnage principal est total. Le héros devient un véritable détective : chaque découverte complète le puzzle un peu plus jusqu’à la révélation finale. Le message de Jones est ainsi très limpide : oui à la différenciation et à la rebellion quand celle-ci est nécessaire.

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J-B Coriou