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DELIVRANCE de John Boorman (1972)

DELIVRANCE de John Boorman avec Jon Voight, Ronny Cox, Burt Reynolds, Ned Beatty….

delivrance-affiche Les Chiens de Paille de Sam Peckinpah sorti en 1971 avait créé un véritable électrochoc chez les bienpensants de la société de l’époque. Violent et dérangeant, il tranchait avec le cinéma hollywoodien classique. Une année a suffi pour trouver un film du même acabit. Film d’une tension extrême, Délivrance retrace le parcours de quatre amis ayant décidé de traverser une célèbre rivière avant que celle-ci ne soit recouverte par une inondation suite à la construction d’un barrage. Cette petite expédition pour saluer une dernière fois la nature va se transformer en un véritable parcours initiatique.

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L’intelligence de Boorman apparait dès la première séquence du film. En deux petites minutes très subtiles, il réussit à installer un des thèmes centraux du film : la responsabilité de l’homme face à la nature. En trois ou quatre scènes, Boorman a posé une véritable problématique philosophique contemporaine. Mais là où on s’attend à un film purement écolo sur la supériorité de la nature sur l’homme, Boorman prend immédiatement le contrepied de cette thèse : l’homme est renvoyé à sa propre animalité.
La seconde séquence en est l’exemple. Nos quatre amis arrivent dans un village de rednecks qui met le spectateur assez mal à l’aise d’autant que l’angoissant duel musical qui s’ensuit entre Drew (Ronny Cox)et un enfant muet déformé nous laisse penser que la ballade ne va pas être aussi aisée que prévue. Ces personnages malsains ont d’ailleurs influencé un pan du cinéma d’horreur américain. (Massacre à la Tronçonneuse et La Colline a des yeux notamment).

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Le second tour de force du film est de constituer une véritable métaphore de la Guerre du Vietnam à l’égal du Taxi Driver de Scorsese. En effet, les personnages s’enfoncent dans la forêt à l’image des soldats américains dans la forêt vietnamienne. Là, les quatre amis vont croiser l’horreur absolue au cours d’une scène insoutenable (à l’image du viol de Susan George dans les Chiens). On voit très rarement au cinéma une scène d’une telle intensité dramatique. La tension monte crescendo jusqu’au dénouement final. Là encore, cette scène n’est pas ultra-violente d’une manière gratuite mais vient parfaitement soutenir le propos du film.

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La seconde partie du film peut alors débuter. Les anti-héros (on pense immédiatement aux personnages du Voyage au bout de l’enfer de Cimino) devront lutter pour leur survie tout en subissant les aléas de Dame Nature. Cette aventure humaine s’achèvera par le retour à la terre (allégorie sur le retour des soldats au pays) et le véritable traumatisme qui s’ensuit.
En résumé, Délivrance constitue une véritable expérience cinématographique, un vrai film puissant avec des thématiques fondamentales.
J-B Coriou

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