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LE VERDICT de Sidney Lumet (1982)

le verdict Les Etats-Unis, pays de l’argent roi, ont toujours aimé ce grand mythe de David contre Goliath, le petit courageux contre le méchant capitaliste, à l’image du sublime La Vie est Belle de Frank Capra.
Le Verdict est le second film judiciaire de Sidney Lumet après le huis clos Douze Hommes en Colère réalisé en 1957 avec Henry Fonda. Comme ces 12 hommes, Le Verdict est principalement un film d’acteurs mais pas seulement.
Ici, Paul Newman joue le rôle Frank Galvin, un avocat devenu alcoolique et dépressif suite à une accusation injuste. Son unique et dernier ami lui soumet une affaire a priori banale pouvant être réglée à l’amiable. En effet, une erreur médicale a entrainé le coma prolongé d’une patiente. En vair et contre tous et devant la cruauté de l’affaire, Galvin décide, dans un dernier baroud d’honneur, d’intenter un procès au médecin ultra adoubé par ses pairs qui s’est chargé de l’intervention. Il trouvera sur son chemin le célèbre avocat Ed Concannon (James Mason).

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Lumet dénonce, après la corruption dans la police dans Serpico ou l’influence de la télévision dans Network, le poids des institutions. En effet, Newman (absolument magistral en alcoolo dépressif et vieillissant prêt à tout pour redorer son blason) fera face à l’institution judiciaire mais également hospitalière et catholique.
Lumet arrive à chacun de ses films à prendre une figure à laquelle on s’attache immédiatement. Ici, un avocat en pleine redemption. Un anti-héros prêt à tout pour sauver ce qu’il reste à sauver. Bref, un pur héros 70’s. Il se reconnait immédiatement en cette fille condamnée physiquement. Il se sent investi d’une mission qui va bien au-delà de gagner le procès. On ne peut qu’apprécier cette personne jusqu’au boutiste seul contre tous. A contrario, on ne peut que détester le personnage de James Mason, avocat travaillant dans une grosse firme entouré de jeunes conseillers avides. Pour une fois, Lumet ne complexifie pas ses personnages, les données sont très claires dès le début.

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La première partie est la plus intéressante car il met en place le futur procès dans une vraie tension. De ce fait, la deuxième devient un classique film de procès. Pour tous les accrocs de ce type de films, le meilleur film pour moi reste Des Silences et Des Ombres de Robert Mulligan avec Gregory Peck tiré du roman de Harper Lee : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, chef d’oeuvre de la littérature.
On préférera donc la première partie puisque Lumet met les institutions devant leurs propres responsabilités. Le film laisse tout de même entrevoir un certain optimisme ce qui est rarement le cas chez Lumet. En revanche, les deux dernières scènes nous clouent un peu sur place. En effet, à la fin du procès, Galvin est filmé seul sans la soeur de la victime assistant au procès. De même, il est seul dans son cabinet lors de l’ultime scène. On se demande si Galvin a simplement agi par pur égoïsme.

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Plus basiquement, ce film contient un vrai suspense donc un oeuvre bien agréable à regarder. Dans le même genre, il faut lire absolument Le Bucher de Vanités de Tom Wolfe. Ce dernier a du s’inspirer du scénario de David Mamet pour écrire son chef d’oeuvre.
J-B Coriou

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